Natura 2000 ?
Créé en 1992, Natura 2000 est un réseau écologique européen dont le but est de favoriser le maintien de la biodiversité animale et végétale et de leurs habitats, tout en prenant en compte le contexte « humain », notamment agricole. La Tarentaise compte 4 sites Natura 2000 : les adrets de Tarentaise, le massif de La Lauzière, le réseau de vallons d’altitude à Caricion et le massif de la Vanoise.

Un site Natura 2000 se définit par un « périmètre » (zonage) et un « document d’objectifs » (DOCOB) :

• Défini à l’initiative du Préfet, le périmètre du site est formalisé par les services de l’Etat (DDT) à la suite d’une étude botanique puis notifié aux collectivités.

• Le « DOCOB » est le document de « référence » de chaque site Natura 2000, établi en concertation avec les acteurs locaux. Il est composé d’un diagnostic et d’orientations qui définissent les mesures de gestion à mettre en œuvre.
Chaque commune située dans un site Natura 2000 possède en mairie un exemplaire de ce « document d’objectifs ».

Zoom sur le site « S23 »
La commune de La Côte d’Aime est concernée par le site dit des « Adrets de Tarentaise », dit « S23 », qui s’étend principalement sur les prairies au-dessus de La Bergerie et de Montméry.

Le site S23 concerne 15 communes en Tarentaise, réparties sur les adrets de la vallée de l’Isère et du doron de Bozel. C’est un site récent, instauré en 2009 ; l’APTV en est la structure animatrice.
La présidence du « comité de pilotage du site » est assurée depuis 2010 par Gilles Flandin, Maire des Chapelles.

Le site regroupe 6 habitats d’intérêt communautaire (prairies fauchées montagnardes, pelouses sur sol calcaire ou acide, prés humides, tourbière, landes à genévrier), de véritables « réservoirs de biodiversité ».

Très concrètement, ce site vise à conserver un ensemble de fleurs spécifiques aux prairies de montagne, qui forme un ensemble rare à l’échelle européenne. Il existe une multitude d’espèces ; une vingtaine sont les plus représentatives.
image003Leurs noms : knautie, sainfoin, trèfle rose, salsifis des prés, rhinante, marguerite, sauge, géranium des bois, lotier, renouéee bistorte, centaurée, silène fleur de coucou, vesce des prés, anthyllide vulnéraire, pimprenelle, raiponse, thym, grande astrance, crepis, compagnon rouge, gesse des prés, trolle d’Europe, campanule, brunelle…

Au-delà de leur valeur écologique, les prairies fleuries occupent une place essentielle dans les systèmes d’exploitation de Tarentaise, offrant un foin de qualité pour les troupeaux l’hiver.
La présence de plantes aromatiques (fenouil des Alpes, flouve odorante…) renforce l’appétence du fourrage pour les animaux et contribue à la typicité des fromages locaux (beaufort mais aussi fromages de chèvres et de brebis).
Enfin la présence de nombreuses plantes mellifères (sainfoin, sauge, grande astrance…) permet la production d’un miel de montagne particulièrement apprécié.

Les prairies de Tarentaise, comme à La Côte d’Aime, accueillent également de nombreux oiseaux : tarier des prés, pipit des arbres, rousserolle verderolle, pie-grièche écorcheur, bruant ortolan, alouette des champs, caille des blés…
Les observer est une chance car les oiseaux qui nichent dans les prairies sont aujourd’hui en fort déclin en France. La régression des prairies naturelles, par labours ou abandon, est la principale cause de la chute des populations. Ces espèces ne pouvant vivre dans un autre habitat, elles sont tout à la fois tributaires de l’activité agricole qui entretien des espaces ouverts, et vulnérables face à certaines pratiques tel que la fauche effectuée à une date trop précoce.

Qui fait quoi ?
image005L’Assemblée du Pays Tarentaise Vanoise (APTV) est la structure animatrice du site. Dans ce cadre, elle met en œuvre le « document d’objectif », elle soutient les collectivités dans leur projet en lien avec Natura 200, elle anime le comité de pilotage et communique sur le site.

La Chambre d’agriculture est l’opérateur technique historique (réalisation du DOCOB et accompagnement des agriculteurs en 2009 pour la contractualisation des « Mesures agri-environnementales » auprès des agriculteurs).
En résumé la gestion du site S23 se fait en différents niveaux :
– La gestion du site, en lien avec les agriculteurs,
– Le suivi scientifique (études sur les passereaux prairiaux)
– Les actions de communication et de sensibilisation.

Les actions mises en place

1. La gestion du site : les « mesures agro-environnementales »
En Tarentaise, 32 exploitations sur 68 (47 %) ont pris cet engagement ; 615 ha ont été contractualisés sur 1000 ha (61 % des surfaces)
Sur le canton d’Aime, 14 exploitations sont concernées.
2015 marque une nouvelle programmation de ces mesures.

2. Le suivi scientifique
image007Trois études sur l’avifaune prairiale ont été menées :
– 2009 : Versants du soleil
– 2010 : Vallée de Bozel + Montgirod
– 2011 : Haute Tarentaise

Les études se sont concentrées sur l’observation du « tarier des prés », espèce « parapluie » ou « indicatrice » pour apprécier l’état des autres populations d’oiseaux, car elle réunit toutes les contraintes : cycle de reproduction, de couvaison et d’envol des jeunes le plus tardif…

De nombreuses espèces remarquables ont été recensées : tarier des prés, pipit des arbres, rousseroles verderolles, pie-grièche écorcheur, bruant ortolan, alouette des champs, caille des blés, tétras-lyre et le très rare râle des genêts…

Le constat est différent en fonction des sites, mais d’une manière générale, les « Versants du Soleil » est le secteur le plus favorable à la présence de passereaux prairiaux.

La présence de ces oiseaux dépend d’un certain nombre de condition :
– Importance de milieux très ouverts, d’une mosaïque de végétation (zone humides, zone à rumex…)
– Des fauches tardives (pour garantir la réussite de la reproduction : à 1200 m, 80 % des oisillons sont en mesure de voler au 20 juillet…)

3. Les actions de communication et de sensibilisation

image009Le sentier « Adrets de Tarentaise : regards d’artistes » à La Côte d’Aime

Ce sentier consiste en l’aménagement de trois boucles d’environ 2 à 2h30 de marche chacune, au départ des hameaux de Prégirod, de Montméry et de la chapelle Saint-Guérin.

L’idée est d’inviter le promeneur à se « pauser » pour contempler puis apprendre à peindre ou photographier la nature, particulièrement diversifiée et riche sur ce secteur.
Ainsi 5 tables de lecture, proposent aux promeneurs de connaitre le nom de la flore inhérente au site Natura 2000, de comprendre les activités agricoles qui créent ces paysages ruraux, tout en proposant une explication « pas à pas » de différentes techniques de peinture et de photographie.
En parallèle, la signalétique des chemins sur ces trois boucles a été renforcée.

 

 

 

image012

image014Le concours agricole des prairies fleuries

Organisé par l’APTV depuis 2010, puis co-organisé avec le Parc National de la Vanoise depuis, l’objectif de ce concours est de récompenser les agriculteurs qui image015relèvent le défi de « l’excellence agri-écologique » : maintenir la richesse en fleur tout en produisant un fourrage de qualité.
Il s’inscrit dans un cadre national porté par la fédération des parcs nationaux et naturels régionaux et représente désormais une catégorie à part entière du « Concours Général Agricole ».
Le jury est composé d’un président, d’un botaniste, d’un agronome, d’un apiculteur.

Les gagnants sont désignés selon la qualité de leurs sites, en général au travers de 3 grands prix :
– Prix de l’équilibre agri-écologique
– Prix de la diversité remarquable
– Prix de la valeur mellifère.

Les prix ont été chaque année remis lors de la fête « Terre, Terroir, Tarentaise ».

En 2011 et en 2012, la Tarentaise Vanoise a été récompensée par deux fois par le prix national de l’excellence agri-écologique pour les milieux de montagne, pour des prairies à Sainte-Foy et Saint-Bon.

Les résultats sont encourageants : une grande diversité a été constatée dans toutes les prairies visitées : entre 40 et 100 espèces ont été recensées dans chaque prairie (dont quelques plantes rares !)

Avec le Parc national de la Vanoise, l’APTV a conçu un guide dédié aux agriculteurs pour mieux comprendre la valeur agricole des prairies à travers leurs fleurs.

Enfin, dans le cadre du concours, l’APTV offrait aux agriculteurs participants une analyse de digestibilité des fourrages et une formation avec un vétérinaire (notion générale sur la digestion des ruminants et conseils pour bien alimenter son troupeau – éviter les problèmes d’acidose, facteur de maladies multiples, conseils pour obtenir un foin de qualité – fauche, conditionnement,…)image017

L’exposition « prairies fleuries »
L’APTV a acquis des photos auprès d’un professionnel pour constituer une exposition sur la faune, la flore ainsi que les pratiques agricoles au sein du site Natura 2000 « S23 ».
Cette exposition est destinée à tous : habitants et touristes et est toujours disponible gracieusement pour les collectivités ou les offices de tourisme qui en feraient la demande.

Le sentier botanique de Plan Pichu
La commune de Granier a aménagé une boucle de 30 mn jalonnée de panneaux d’interprétation sur la flore et la faune du site en lien avec Natura 2000.

image019Conception et édition d’une brochure grand public « prairies fleuries »

L’APTV a rédigé et édité un petit guide présentant différents reportages sur la faune, la flore, les pratiques agricoles et proposition de 10 idées de balades.
Il a été diffusé à toutes les mairies et écoles de Tarentaise.
Il est possible pour l’instant de se procurer le guide directement auprès de l’APTV (prix de vente : 9 €).

Il sera disponible auprès des offices de tourisme et syndicat d’initiative au printemps 2015.

 

 

 

Formation auprès des accompagnateurs de moyenne montagne

image021En juin 2015, l’APTV a organisé à La Côte d’Aime une formation auprès des accompagnateurs sur Natura 2000 : présentation de la réglementation, des actions menées en Tarentaise, échanges avec des agriculteurs et reconnaissance de la flore sur le terrain avec un botaniste.

 

Télécharger le PDF « biodiversité pour Cote d’Aime »